1er Prix de chant. — 1er Prix d opéra


CONSERVATOIRE NATIONAL DE MUSIQUE ET DE DÉCLAMATION




Les Concours de 1902


Nous avons eu, cette quinzaine, le traditionnel concours de tragédiecomédie,auConser vatoire. Tragédie le matin, à jeun,
— c’est imprudent, peut-être? — comédie, le soir. En tout dix heures de séance, coupées par un entr’acte d’une heure et demie,
le temps d’aller casser une croûte et de reprendre courage. La température fut d’ailleurs indul
gente, le soleil n’abusa pas de ses rayons, et nous avons, pendantcette journée pénible,ignoré les trente-cinq degrés, dans les
quels on gratine d’ordinaire, sous la coupole du petit théâtre pompéien du faubourg Poissonnière.
Il est toujours très suivi ce concours qui, plus que tous les autres, attire la curiosité. Il a son public turbulent, enthousiaste,
composite, qui, dès le matin, va, vient, circule, potine, se salue, se reconnaît, se retrouve, enva
hissant la cour oblongue, avec un continu bourdonnement d’a­
beilles, sur lequel éclatent les fusées du rire féminin.
A neuf heures ef demie, tout le monde est à sa place, et le Jury s’installe dans la grande loge du milieu. Théodore Dubois donne son coup de sonnette. Le silence se fait peu à peu. Alors la séance
commence, et la tragédie se dévide.
Le Jury, il est tous les ans, à peu près le même. Cette année, autour du Directeur du Conservatoire, Théodore Dubois, pré
sident de droit, prennent place MM. Victorien Sardou, Ludovic Halévy, Henry Lavedan, Hervieu, Porto-Riche, qui représen
tent, à des degrés divers, le coin des auteurs dramatiques. Il y a un peu de tout, de la droite, de la gauche, du centre, l’éclectisme pousse à pleines fleurs. Les théâtres subventionnés y figurent, en la personne de leurs directeurs, Jules Claretie et Ginisty. L’administration en
voie d’Estournelles de Constant, chef du bureau des théâtres, et Bernheim, commissaire du Gouvernement près les théâtres sub
ventionnés. L’art dramatique délègue Mounet-Sully, le doyen de la Comédie-Française. C’est beaucoup, assurément, ça n’est peut-être pas assez, car les théâtres libres ne sont pas re
présentés, ce qui est peu; et quant à lacritique,elle brille par son absence, sans doute considérée comme quantité négligeable.
Au temps jadis, Jules Lemaître, à la fois auteur dramatique et critique, pouvait, à la rigueur, passer pour synthétiser
1er Prix de chant. — 1er Prix d’opéra
Mlle DEMOUGEOT
Cliché Pierre Petit.Cliché Manuel.
Mlle GRIL
1er Prix de chant. — 2e Prix d’opéra
Mlle ROSE FÉART
Cliché du Guy.