Acte Ier
MOHAMMED
(M. Chocolat fils)
LA REINE
(Mme Jeanne Granier)
Décor de M. Amable.CERC LEUX
(M. Louis Gauthier)


THÉATRE DU VAUDEVILLE




ÉDUCATION DE PRINCE


Comédie en quatre actes, de M. MAURICE DONNAY
Il est des comédiennes que le Destin voua à l’amour et à la fantaisie et qui gardent, comme par quelque sortilège, le don de plaire et d’amuser, de jolies femmes dont l’automne doré de clair soleil, égayé par des rires de cristal et des gestes de joie, délicieux, pimpant et fringant, vous semble une nouvelle flambée de jeunesse, vous charme, vous éblouit, vous ravit, sans que la moindre arrière-pensée mélancolique, le moindre regret des heures enfuies s’en viennent troubler votre plaisir et le diminuer.
Il est des comédies qui ne sauraient se faner et dater et dont l’esprit généreux, déluré, aigu, ne s’évente pas, exhale après des années le même arôme grisant, pétille avec la même force, vous
aguiche et vous délecte, chaque fois, autant que si l’on n’en avait jamais eu le régal.
J’ai éprouvé cette sensation au théâtre du Vaudeville en revoyant, l’autre soir, les quatre actes légers, mousseux, ironiques,
griffeurs, aimables et par instants imprégnés d’on ne sait quelle poésie à fleur de peau et à fleur de lèvres, d’Education de prince,
en écoutant et en regardant, double volupté, Jeanne Granier, l’incomparable artiste qui, plus que tout autre, incarne la Vie, se transforme si complètement dans chacun de ses rôles, a quelque chose de si prime-sautier, de si imprévu, de si sincère, de si naturel que nul pitre de revue ne parvint et n’osa jusqu’ici nous en servir la parodie-.
Je vous le dis et vous pouvez me croire, pour peu que vous


soyez averti et délicat, que vous goûtiez ce qu’Abel Hermant a


Photo Paul Boyer.