L’art decoratif (№ 165)
Коллектив авторов05.02.1912
Surtout de table pour la « Ville de Paris ». max blondat.


COURS DR DÉCORATION


CINQUIEME LEÇON


DES CONCOURS




Le


s concours ontélé institues pour éviter plus ou moins vraisemblablement le favori
tisme qui entache toujours une commande faite directement à un seul. Le concours sauve les artistes d’un mal pour les mener dans un pire; il ouvre la concurrence la plus douloureuse qui soit : vous voyez des artistes qui se cachent les uns des autres, qui s’épient, se jalousent; les meilleures camaraderies se ternissent devant les espoirs pour se retrouver amoindries dans les déceptions ! Ah ! quelle pertubation qu’un concours dans ce monde si impressionnable des artistes, et que l’atmosphère est lourde dans la salle d'exposition des projets !
L’institution du concours, telle qu’elle fonctionne actuellement, c’estde l’empirisme administratif— quelque chose comme l’adjudication du talent! Ses résultats n’ont même pas chance délie bons par hasard. Dans le désir d’arriver premier, tout concur
rent est porté à des préoccupations bien différentes de celles qui viseraient à faire
simplement une œuvre belle. D'abord, il convient d’éclipser les maquettes voisines par des dimensions supérieures, une présentation plus avantageuse; il est nécessaire aussi, pour les mômes raisons, de faire un travail surchargé de motifs, de détails, de brio.
G est un entrainement fatal, c'est une surenchère sans limites. Mais il y a aussi à se soucier du jury, à lui plaire, à entrer dans la manière de voir de tel de ses membres influents,., et puis à circonvenir cejury par tous les moyens possibles.
Si bien que celle « libre concurrence » n’est au fond qu’une émulation détestable et