L’art decoratif (№ 167)
Коллектив авторов05.03.1912
tous ces guerriers, tant de boucliers, de draperies, d’accessoires conventionnels... La constance même de la perfection est ici faite pour décourager notre goût de l’incom
plet, du partiel. Ajoutons, pour achever de justifier notre résistance, que les tableaux du maître que conserve — on voudrait dire que recèle — le Louvre, sont devenus à peu près illisibles, que certains d’entre eux sont exposés à une hauteur où l’œil ne
Photo Hanfstængl.
bacchus et MIDAS. (Pinacothèque de Münich.)
peut atteindre et qu’il faut une patience d’archéologue et l’aide des photographies pour les déchiffrer.
Si j’insiste tant sur ces obstacles à l'admiration, ce n’est pas pour aboutir à avouer la mienne timide et réticente, c’est au contraire pour montrer, par les difficultés qu’elle traverse sans s’amoindrir, sa force et sa profondeur. Faisons une fois l’effort qu’il faut pour comprendre ce grand génie ; et nous nous retrouvons avec lui dans la même liberté que nous avons connue avec les plus chers de nos contemporains; il répond à toutes nos questions ; il nous comble non de surprise, mais d’émerveillement ; il est plus nouveau et plus fertile que beaucoup de ceux qui depuis cherchè
rent à nous étonner; il est une source puissante et noble où toute saine soif peut directement s’abreuver.
Si nous tenons à prouver par l’histoire son importance, considérons qu’en lui
prend naissance toute une lignée de peintres français et que son influence pèse'encore