L’art decoratif (№ 177)
Коллектив авторов05.08.1912

COURS DE DÉCORATION


SIXIÈME LEÇON


L’ART ET LE SOCIALISME




L


e motif de cette Leçon :
Les journaux nous ont appris que la municipalité socialiste d’Ivry-sur-Seine s’inquiétait pour une large part, dans ses travaux édililaircs, de l’ornement de la cité. Déjà, trois statues ont été placées à trois extrémités d’ivry. Elles représentent la République, le Travail et la Misère.
Nous en recauserons plus loin.
La municipalité socialiste d’Ivry, en accordant son attention à la question artistique et en y consacrant un assez gros budget, a fait preuve d’un souci extrêmement louable. Elle a vou
lu démontrer que le socialisme tenait, quoi qu’on ait dit, à ne point rester étranger aux arts et aux embellissements qu’ils peuvent procurer.
Que nous réserve l’art dirigé par le socialisme ?
LE PROGRAMME SOCIALISTE NE CONTIENT AUCUN ARTICLE CONCERNANT LA QUESTION
ARTISTIQUE.
En étudiant la marche du socialisme, on s’aperçoit combien
la question artistique qui chez Babeuf, Fourier, Considérant et surtout chez Cabel et Proudhon entre en compte, devient négli
gée par la suite. Il semble qu’à mesure que le socialisme prend position dans une vie active, il
redoute de s’embarrasser des arts et se dise : « Ma tache est lourde,
jetons par-dessus bord tout ce qui peut nous gêner. »
A sacrifier l’art, les socialistes prennent plusieurs altitudes : quelques-uns le font avec un
La fontaine du Joueur de Cornemuse. Berne (Suisse).