L’art decoratif (№ 177)
Коллектив авторов05.08.1912
regret qu’ils considèrent comme courageux ; chez d’aulres, c’est avec le mépris qui accompagne les choses futiles, enjôleuses et déprimantes ; et c’est avec haine chez ceux à qui la beauté n’apparaît que dans le luxe asservisseur, prestige des potentats.
Ainsi, l’action d’avant-garde s’est confinée sur un programmeexclusivement économique, et si l’on doute de
vant un socialiste de la nécessité de ce confinement, si on lui fait envisager au contraire que la recherche du mieuxêtre, la recherche du bonheur enfin, ne saurait se passer du conseil des arts,
il répond qu’il convient de reporter à plus tard de telles considérations et que d’ailleurs la question artistique étant subordonnée à la question sociale, elle se développera d’elle-même et par surcroît dès la solution de cette dernière.
Cette thèse paraît juste. Elle est fausse. La manifestation esthético-socialisle d’Ivry en est, quanta ses résultats, un premier et pénible avertissement.
COMMENT UNE MUNICIPALITÉ SOCIA. LISTE COMPREND L’ESTHETIQUE.
Ivry, c’est la lamentable banlieue d’une Métropole aveuglément centralisatrice. Cet ancien joli village, dont les quelques vestiges se sont réfugiés près de l’église, revêt les plus tristes aspects d’un progrès bar
bare et tyrannique. La Métropole, pour ses débouchés, y a creusé la plaie béante et malpropre où s’entassent ses voies ferrées ; elle en a encombré les principales rues de trams à trolley ; elle y a installé pour ses incurables un hospice lugubre, et pour ses morts un champ immense de désolation. Pour son industrie, elle y a construit d’affreuses usines ; pour son commerce, elle a emmuré la Seine de docks interminables, et pour sa défense y a établi un fort dont les casemates bombent un horizon lourd et tragique.
On comprend que la ville d’Ivry, souffrant d’un tel milieu, ait cherché à se donner la note consolante des arts. Malheureusement, en s’attachant à la question artistique sans aucune préparation, une municipalité socialiste devait se tromper comme ne le ferait pas la municipalité la plus conservatrice.
Voici son œuvre :


Une statue de République est érigée à un petit carrefour. Debout, la main droite


L’Ange du méridien. Cathédrale de Chartres.